L’OMS recommande « fortement » le Paxlovid pour lutter contre les formes non sévères de Covid-19
L’OMS a qualifié le Paxlovid de Pfizer de meilleur traitement à ce jour pour les patients à haut risque atteints de la Covid-19, mais cette « vive recommandation » fait craindre que le produit ne soit pas à la portée des pays à faible et moyen revenu.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié le Paxlovid, un médicament développé par Pfizer, de meilleur traitement à ce jour pour les patients à haut risque atteints de la Covid-19, mais cette « vive recommandation » fait craindre que le produit ne soit pas à la portée des pays à faible et moyen revenu.
L’OMS a mis à jour ce vendredi (22 avril) sa directive évolutive sur les traitements de la Covid-19 et a fortement recommandé le Paxlovid pour les patients atteints d’une forme non sévère de la Covid-19 qui présentent le plus grand risque de développer une forme grave et d’être hospitalisés, comme les patients non vaccinés, âgés ou immunodéprimés.
Le médicament antiviral oral de Pfizer, qui se présente sous la forme d’une association de comprimés de nirmatrelvir et de ritonavir, est l’un des huit traitements contre la Covid-19 autorisés par l’Agence européenne des médicaments (EMA).
Il agit en réduisant la capacité du SRAS-CoV-2 — le virus responsable de la Covid-19 — à se multiplier dans l’organisme.
Il s’agit du premier médicament antiviral administré par voie orale qui a été recommandé dans l’Union européenne pour le traitement de la Covid-19. Le Paxlovid a reçu une autorisation de mise sur le marché conditionnelle dans l’UE le 28 janvier de cette année, après que Pfizer ait annoncé en novembre que les essais avaient montré que le Paxlovid réduisait de 89 % les hospitalisations et les décès de toute cause par rapport au placebo chez les patients traités dans les trois jours suivant l’apparition des symptômes.
La recommandation de l’OMS intervient après la publication de nouvelles données basées sur les deux récents essais impliquant plus de 3 000 patients, qui ont montré que le risque d’hospitalisation est réduit de 85 % grâce à ce traitement. « Dans un groupe à haut risque, cela signifie 84 hospitalisations de moins pour 1000 patients », précise le communiqué de presse de l’OMS.
Janet Victoria Diaz, responsable des soins cliniques à l’OMS pour la Covid-19, a déclaré lors d’une conférence de presse jeudi (21 avril) que l’OMS s’efforce de mieux définir la prise de médicaments sur le plan clinique.
« Nous nous efforçons de mieux comprendre pour mieux aider à ce niveau de décision entre le patient et le médecin », a-t-elle déclaré.
L’utilisation du Paxlovid chez les patients à faible risque n’est pas recommandée par l’OMS, « car les avantages se sont avérés négligeables ».
L’importance des thérapeutiques
Les vaccins sont l’un des piliers de la lutte contre la Covid-19. Si les thérapeutiques ne doivent pas remplacer les vaccins, elles sont essentielles pour lutter contre les maladies graves.
« La thérapeutique ne remplace pas la vaccination. Elles nous donnent simplement une autre option de traitement pour les patients qui sont contaminés et qui présentent un risque plus élevé », a souligné Mme Diaz.
Elle a ajouté qu’il existait des traitements disponibles dans les hôpitaux avec des immunomodulateurs. « Toutefois, nous disposons désormais de traitements supplémentaires pour les patients à haut risque, qui ne sont pas encore hospitalisés et sous oxygène, mais qui risquent de l’être, afin de réduire leur risque de développer une forme plus grave de la maladie », a poursuivi Mme Diaz.
Le 13 avril, lors d’un point de presse organisé par la Fédération internationale de l’industrie du médicament (IFPMA), Albert Bourla, président-directeur général de Pfizer, a également souligné l’importance des traitements, en particulier lorsque les mesures restrictives, telles que le port du masque, sont levées.
« Nous aurons des vagues plus fréquentes en raison du relâchement au niveau de la distanciation sociale et de l’affaiblissement des réponses immunitaires [au fil du temps après la vaccination], elles seront également plus intenses. Je pense donc que les traitements sont ce qui va vraiment prendre une place importante dans les mois à venir », a-t-il déclaré.
La crainte d’être en fin de file
Toutefois, les recommandations de l’OMS s’accompagnent de la crainte que l’accès à ce traitement salvateur ne reprenne le même schéma que celui de la vaccination Covid, où les pays à faible et moyen revenu ont été relégués à la fin de la file d’attente pour recevoir des vaccins.
« La disponibilité, le manque de transparence sur les prix dans les accords bilatéraux conclus par le fabricant, et la nécessité d’effectuer rapidement des tests précis avant de l’administrer, font de ce médicament salvateur un défi majeur pour les pays à faible et moyen revenu », souligne l’OMS dans son communiqué de presse.
Un meilleur accès au dépistage et au diagnostic précoces dans les établissements de soins de santé primaires est considéré comme essentiel pour le déploiement mondial de ce traitement. À l’époque, les données recueillies par FIND montraient que le taux de dépistage quotidien moyen dans les pays à faible revenu n’atteignait qu’un quatre-vingtième de celui des pays à revenu élevé.
L’OMS a également « fortement recommandé » à Pfizer de rendre ses prix et ses accords plus transparents et a élargi la portée géographique de sa licence avec la Medicines Patent Pool, uneorganisation internationale soutenue par les Nations Unies fondée en 2010.
Son l’objectif est notamment de réduire les prix de certains médicaments grâce à l’octroi de licences de brevets dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Dernières informations sur le Veklury
Les lignes directrices mises à jour couvrent également les recommandations relatives au Veklury (remdesivir), un autre médicament antiviral qui est également autorisé dans l’UE.
Après de nouvelles données d’essais cliniques, l’OMS a préconisé l’utilisation du Veklury chez les patients atteints de formes légères ou modérées de la Covid-19 et présentant un risque élevé d’hospitalisation. Auparavant, l’OMS avait suggéré de ne pas l’utiliser chez tous les patients atteints de la maladie, quelle que soit la gravité de celle-ci.
Elle a ajouté que la recommandation concernant l’utilisation du Veklury chez les patients atteints de formes sévères ou critiques de la Covid-19 est actuellement en cours de révision.